mardi 15 janvier 2013
La naissance des arts internes
A l'époque où les gens se tuaient à coups de sabres et de haches et avant que les arts à mains nues ne soient structurés, certains guerriers survécurent aux massacres. Forts de leur expérience, et désirant faire partie de ceux qui n'y "passent pas", ils combinèrent toutes les techniques qui leurs avaient permis de garder la vie sauve.
Ces guerriers aguerris se retrouvaient parfois entre amis. Ils firent une compilation des façons de tuer son prochain le plus efficacement possible mais sans perdre la vie soi-même. Dans l'entre grandes batailles, certains s'entraînaient même. C'est alors que les techniques de combat sont nées.
A partir du moment où les guerres devinrent plus rares, donc plus espacées, certains "militaires" se préparaient pour la prochaine "boucherie", les autres se retiraient. Ces derniers, expérimentés dans le caractère destructeur des êtres humains, passèrent leur savoir aux gens autour d'eux : "si on te fait ça, tu fais ça...".
Peu nombreux sont les guerriers qui se sont tournés vers la culture du spirituel, et s'il ne le firent pas, ils se contentaient de côtoyer des contemplatifs. Dans les cercles les plus éloignés de la guerre, dans les groupes spirituels, certaines techniques de combat circulèrent. Les conceptions de l'énergie rencontrent celles du "cassage de gueule" et c'est ainsi qu'un art interne commença à se développer... quelle émotion !!!
De plus, les anciens guerriers qui se retiraient momentanément des conflits, adoucissant nettement leur quotidien, étaient plutôt en bonne santé. Ils savaient entretenir une bonne forme corporelle qui leur permettrait ensuite d'utiliser les armes de destruction artisanales sur la durée d'une bataille. Et à l'époque, les batailles étaient longues, il fallait avoir fait son "cardio training" si on ne voulait pas y passer !
Et puis, ceux qui ne combattaient pas, ou ceux qui ne combattaient plus, utilisèrent leur temps libre pour mettre en place un système d'apprentissage des "trucs de combat". C'est par digressions intellectuelles que l'on peut créer des arts "de concepts de combat", des arts martiaux : on s'appuie sur une expérience, et on présume que "si un mouvement marche à droite, ben ça doit marcher à gauche aussi...".
On compte donc trois courants distincts : celui qui reste directement basé sur une expérience du combat, celui qui est une construction intellectuelle basée sur du réel et les "trucs" qui sont basés sur une expérience du combat d'une génération précédente. Soient : les arts de combat, les arts martiaux et les systèmes d'auto défense : c'est une simplification, bien sûr, une légende de mon enfance que je conserve par goût. Je serais heureux de lire d'autres légendes ou études historiques de ceux qui veulent les partager.
Dans les légendes de ma lignée, on parle de maîtres qui venaient directement des champs de batailles, et qui se retirèrent pour passer à l'alchimie interne, partageant ensuite leur savoir avec leurs collègues...
Mon style de combat est issu de l'escrime à l'épée, ma tradition utilise une épée, même dans les rituels "spirituels", et les principes de combat sont l'extension de cette façon de faire. Les arts de combat à mains nues, qui se développèrent bien plus tard, sont souvent des concepts de lutte, au corps à corps, la "boxe" permettant de rentrer en contact. Tous les styles les plus anciens de "castagne" sont de la lutte. Les théories sur la distance, les angles, le "glisser" et la "force pénétrante", existent depuis toujours dans les arts d'escrime, peu dans les styles de lutte. Encore une fois, Je parle ici de "légende", pas d'Histoire. La rencontre entre ces bretteurs à la lame "pratique" et expérimentée, et ces mystiques versés dans l'énergétique, donne la légendaire création de ma lignée taoïste. Dans mon système taoïste, et à l'inverse de beaucoup de styles récents, la pratique des armes précède, ou au moins accompagne, l'apprentissage du combat à mains nues. Je laisse ici de côté l'aspect énergético spirituel pour me concentrer sur "la naissance des arts internes", comme le spécifiait le titre.
Dans les styles chinois classiques, sont apparus des mots clés, des concepts, qui furent une façon de garder par la tradition orale, les bases d'un système. Pour l'épée, certains mots clés comme "soulever", "couper" ou "percer", donnaient une vision précise de ce qu'il fallait faire. Certains styles à mains nues emploient également ces mots clés, sans l'idée de l'arme. Toutes les références à ces mots clés sont limpides si on se réfère à un combat armé, mais se comprennent moins bien dès lors que l'on se réfère à un combat à mains nues...
Peut on en conclure que les armes arrivèrent avant les poings ? Je ne sais pas, mais j'aime bien les histoires...
Depuis la nuit des temps, les hommes ont eu tendance à se battre, ils avaient sûrement de bonnes raisons... La première réaction possible en cas de combat, c'est ce fameux choix entre "j'y vais, ou je me sauve? ", également appelé le "fight or flight syndrome" par nos amis anglos saxons. Chez nous, pauvres petites choses fragiles que nous sommes, un troisième choix existe : celui de la paralysie totale, terrible signe que le corps n'arrive pas à utiliser cette décharge d'adrénaline provoquée par la peur, et pourtant si utile pour le combat. Mais là je m'éloigne.
Dans le cas, à mon sens idiot, du "j'y vais !" ; la lutte et le corps à corps, furent toujours le premier choix stratégique. Un peu pour justifier cette décision "d'y aller". Les premières traces d'art de combat sans armes sont donc liées à la lutte. Allez, un peu d'Histoire ! Historiquement, toutes les premières histoires de combat à mains nues en Chine sont nées durant la dynastie des Qin ou (Chin) (221 - 206). Cette à cette belle époque guerrière que la Grande Muraille fut construite et que les armées chinoises furent très entraînées, entre autres à la lutte.
En 1127, Genghis Khan conquis la Chine avec des armées entraînées à la lutte. L'idée majeure était de faire tomber l'adversaire pour ensuite le "finir" avec une arme. L'art s'appelle alors le Bokh. Durant la dynastie de Yuan (1279 - 1368), les hordes de mongols apportèrent à la Chine trois évolutions dans la société : l'arc, le cheval et la lutte. Les chinois connaissaient déjà, mais l'influence devient totale. Je rajouterais que ces guerriers de Mongolie aidèrent de bon cœur les chinois à lutter contre la surpopulation... Au douzième siècle, Yueh fei, créa le Xingyi, un style interne basé sur le combat à la lance. Quand les monarchies chinoises instituent les Ming, après 1368, la lutte chinoise est une évolution "de l'empire du milieu" de la lutte mongole. Durant les Quing (1644 - 1912), on trouve des traités qui parlent de "boxe" :
- Le Wang Zhengnan muzhiming, de Huang Zongxi,
- Le Taiji quan pu, ou Recueil du Taiji quan, de Wang Zongyue,
- Le Neijia quanta, ou Méthode de boxe de l'école interne, de Huang Baijia,
- Le Changshi wuji, ou Livre des techniques martiales de la famille Chang, de Chang Naizhou,
- Les traités de la boxe Taiji de Wu Heqing (Yuxiang), Wu Chengqing, Wu Ruqing et Li Yiyu.
Dans les autres parties du monde, les arts de "cogne" sont à l'origine des arts de lutte. Les épées étaient déjà en cuivre, bronze, et parfois même en or et en jade durant la dynastie des Shang (1600 _ 1100), avant JC. La légende veut que Ou Ye Zi, un maître forgeron de l'époque, fit deux épées de grande renommée : Ju Jue et Zhan Lu. Leurs lames étaient si fines qu'une fois trempées dans l'eau, elles en ressortaient sèches. Sous les Han (206 Bc - 220 AD), on raconte des histoire d'escrime et de fabrication d'épée dans un manuel de métallurgie "Huai Nan Wan Hua Shu", "les 1000 créations de Huai Nan". A cette même période, des adeptes d'escrime "chahutent" sans leurs épées, ils font "des joutes d'adresse avec les mains", sans lutter, ils respectent les concepts de leur école d'escrime, sans arme.
Les contes, qui parlent des premiers ermites taoïstes qui se baladaient avec leur épée, n'oublient pas de préciser avec détails les combat. Restant fidèles à leur art de l'escrime, les adeptes du Tao distribuaient aussi des "baffes pédagogiques" aux vilains, sans pour autant les pourfendre... haaa, on se rapproche... Finalement, on voit bien que les armes précèdent le combat à mains nues et que-celui ci ne devient de la "boxe" que bien plus tard... en tout cas dans mes légendes.
mercredi 9 janvier 2013
Les étapes de la progression
Au début, il est nécessaire de ne pas bouger trop, positions et travail statiques, accumulation d'énergie.
Les techniques de base de chi kung et de combat se découvrent sans mouvement, puis on ajoute un déplacement simple.
Les déplacements sont très importants à ce moment, ils sont la clé du combat... les exercices de coordination et de proprioception sont à ce niveau également.
On commence ensuite à régler le souffle, à utiliser le chi kung, dans les mouvements et de techniques, le tout plus dynamique.
Quand le souffle et le corps fonctionnent ensemble et que les bases sont fluides, on peut passer par une étape de frappes sur cibles plus ou moins molles (ou dures).
Les petits enchaînements se découvrent, pour parfaire la "forme" du corps, les exercices à deux, les techniques "en action", on pourra apprendre une forme fixée, une "danse" mémento de ce que l'on a appris.
Les spécialités du style arrive maintenant : points vitaux, fa jing, "trucs"... le dessert, quoi !
On arrive à la recherche de la liberté ; tout ce qui fut structuré doit éclater, disparaître, se fondre dans une pratique libre et complète, dans "son" art de combat.... mais "rien ne se perd, tout se transforme"...
Il est triste de constater que l'épisode de liberté est souvent occulté par les enseignants ignorants, mais honnêtes. Il est important de passer de ce qui s'apprend à ce qui se sait... digérer l'enseignement... quand la pratique est juste, quand elle respecte les formes
d'apprentissages, il faut en tester les limites pour trouver "sa" voie.
On pratique ce qu'on nous enseigne jusqu'à la perfection (idéalement) pour ensuite garder le ressenti et les fruits de la pratique, mais on en jette l'écorce morte de la forme ; pourquoi continuer à réciter l'alphabet si on a les mots, pourquoi garder la nasse quand on a
le poisson... (pour prendre un autre poisson plus tard ???)... etc.
Petit à petit, les formes évoluent vers un mixage de formes et de mouvements libres, l'ensemble allant naturellement vers la liberté... si on est détendu...
Dans l'externe, il y a une recherche de la performance physique, il y a une recherche du "plus vite, plus fort" qui n'existe pas dans l'interne... normalement... dans les pratiques internes, il existe une loi connue qui dit que tout se fait à 70%, on se garde une marge d
e confort... on ne pousse pas trop loin puisqu'on pousse longtemps...
Encore une fois, le ressenti et les lignes de force, la précision et la patience sont différents de la boxe ou des autres sports de combat, on ne doit rien marquer ou gagner... il faut survivre coûte que coûte...
Dans les arts de combat on n'a jamais l'idée que l'arbitre va intervenir, si on décide de se battre, il faut un peu accepter la mort...
La pratique de l'interne se fait par la structure externe, mais dans une sensation plus qu'une "musculation" ou une "décontraction"... quand la structure est juste, on fait de l'interne... chaque geste qui respecte la structure est un mouvement interne.
Frapper comme un idiot dans un sac de toutes ses forces est externe, taper comme un idiot de toutes ses forces, en gardant la structure, peut être interne.
A mon avis, ce que l'on voit le plus dans les arts internes, et qui est triste, c'est cet emprisonnement dans les formes qui empêchent la liberté.
Apprendre et respecter son maître et son style n'est que justice mais pourquoi en rester là ?
Pourquoi rendre mort et morne ce qui doit être inventif et vivant ?
Comment peut on croire que son entraînement peut être le même deux jours de sa vie... ?
Il faut apprendre à marcher sur une surface plane et dans un espace clos au début, mais il n'y a pas de limite aux endroits où on peut se balader... si ce n'est les limites que l'on s'impose !
Il faut comprendre et appliquer la structure du style, en maîtriser les principes, et jeter tout ça à la poubelle pour faire ce que l'on veut, libre... mais conscient et confiant dans ses bases acquises et maîtrisées.
Les exercices pratiqués dans le cadre de l'enseignement vont donner la forme de corps du style, les exercices à deux et le dao yin fa, chi kung, vont faire ça aussi.
C'est seulement après cet apprentissage que l'étude des formes était commencée, comme "rappel" de tout ce qu'on connaît... pas comme un but en soi.
Il est évident qu'il est rare d'avoir accès à ces exercices qui "trans-forment" le corps, ils ne sont pas la forme mais donnent la forme du corps.
Je ne crois pas qu'il soit possible de sortir de la forme, d'arriver à la liberté directement, sans la pratique des formes, tout comme il est difficile de détendre un muscle sans passer par un instant de tension.
Mais quand on commence les formes chorégraphiées, on est normalement à un stade élevé/avancé dans la pratique, pas au début.
Voila un exemple des paradoxes de la pratique interne.
Le Yiquan est un exemple de ce paradoxe : parlant toujours de liberté et de sans forme, on trouve chez ses pratiquants nombre "d'obsédés de la forme", qui ne peuvent admettre la liberté... "c'est comme ça, la jambe comme ça, les coudes...", qui disent, "pour émettre la f
orce, pas autrement"... foutaises !
Ceci dit, le Da Cheng Chuan est un art qui donne une belle façon de se libérer de la forme tout en gardant la structure... il faut juste se détendre...
La forme est importante, la forme chorégraphiée est utile, les longues formes qui ne sont pas "habitées" ne servent à rien pour le développement de l'interne.
La forme habitée est une forme qui est un condensé de tout ce qu'on connaît, chaque geste est une référence à une tonne de pratiques libérées du mental.
Encore une fois, c'est seulement ce que je pense, ce qui m'a été enseigné et ce que j'ai pu constater... rien de plus.
Les formes, les formes de corps, sont la manière de se tenir, de frapper, de bouger... les formes qui sont aussi obsessionnelles qu'inutiles sur la durée ; on doit apprendre ces formes pour savoir utiliser son art mais les oublier quand on les a maîtrisées.
Les formes chorégraphiées, les tao lu, katas, sont des mémentos de tout ce qu'on a appris dans son art, elles sont inutiles pour le combat mais jolies. Elles servent a se détendre dans le mouvement et à donner "un style" dans le geste.
Les formes de corps sont un peu une obsession chez les gens du Yiquan, c'est louable, mais il faut en sortir comme des formes chorégraphiées...
Cette liberté n'est pas une progression, c'est un résultat d'étapes qui évoluent vers une libération subite... on progresse jusqu'à ce qu'on y soit... ce n'est pas une amélioration, c'est un changement.
Les étapes pour évoluer dans l'art interne, selon mon école, sont du domaine de la pratique, plus de la discussion... désolé ! Les tao lu, katas sont inutiles pour le combat... les styles n'ont eut des katas qu'à partir de la fin du 17ème siècle, et ils se cognaient bien
avant... sans katas, mais avec des méthodes d'entraînement !
En revanche, ça rassure !
Pis c'est joli !
Les drills, pour ma part, sont des exercices qui commencent mais qui n'ont pas de fin.
Ils sont en boucle, ils développent une façon de ne plus penser tout en esquivant et attaquant, de parer, de "toucher" les points sensibles du corps, dans une confusion de frappes et de vitesse...
Ce n'est pas la même chose que les kihons du karaté, qui sont des "formes", il n'y a pas de liberté d'action, les "drills" se cumulent et se fondent pour devenir une pratique libre qui n'est pas encore du combat, mais qui développent les qualités pour rester efficace "en
mouvement".
Le fait de ne pas s'arrêter, de rentrer dans une furie de geste dangereux qui s'accélèrent, de "faire sans penser", développe d'autres choses que les formes.
Voilà.
lundi 23 juillet 2012
Savoir se battre
Je parle d'une gestion ratée, un moment ou l'action remplace le verbe et où il n'y a plus d'autre solution que de passer aux frappes et aux restrictions physiques.
Dans le monde relativement civilisé où nous vivons, est-ce réellement utile? Si nous vivons dans nos mondes protégés où le risque de se battre est presque nul, où est l'intérêt?
De plus, nous sommes ici dans un entrainement au combat de survie, ce qui n'a rien a voir avec le combat sportif. Cela demande du temps et d'accepter une certaine dose de souffrance pour arriver à quelque chose… Est-ce utile?
Si vous demandez à un homme adulte d'éducation moyenne, de classe sociale moyenne, de 40 à 50 ans, qui vit en ville, s'il s'est déjà battu, la réponse est à 80% négative et dans les 20% qui restent…La vision de la bagarre est parfois de l'ordre de se pousser avec un autre : le besoin justifie-t-il l'entrainement au combat?
Je vous prie aussi de ne pas parler de "se défouler" ou "de contrôler la force de l'autre" ou encore de "faire comme dans les films"…Je reste ici dans un entrainement du combat de survie pour civils (ce qui sous entend que vous faites ce que vous pouvez pour ne pas blesser l'autre tout en vous défendant).
Pourquoi alors s'entrainer à se battre si ça ne sert a rien et que ça fait mal ?
Et bien je vous dirai que c'est pour mieux pouvoir échanger avec l'autre ! Pas changer des coups, mais vraiment échanger entre humains libres et responsables.
Nous disons dans notre tradition que seuls ceux qui peuvent gérer physiquement la violence vont pouvoir échanger sans peurs (souvent inconscientes) avec les autres. De plus, si la peur de la confrontation physique est toujours là, il est difficile de rentrer vraiment dans une dispute ou de faire ce que notre "idéal" nous enclin à faire.
Comment défendre notre opinion contre une brute épaisse et ignorante ou venir au secours d'une personne en danger si on est soi même impressionné par la situation ?
La violence ne doit pas être un moyen d'expression, mais elle doit faire partie de ce que nous savons gérer, juste pour ne pas en avoir peur!
Tout ceux qui commencent l'entrainement à la confrontation physique et qui ne sont pas psychopathes vont avoir du mal à frapper l'autre et à se défendre, ils vont aussi avoir des difficultés a accepter les coups.
Rapidement, tout le monde va ressentir un grand soulagement dans la confrontation: les illusions tombent et les fantasmes s'effacent.
En effet, après les premières fois, une frappe ne fait pas si peur, parce qu'on connait le choc dans son corps et l'idée de ce corps fragile et cassant disparait aussi : nous sommes solide et nous sommes adaptables.
Il est aussi possible après quelques expériences de combat de comprendre comment annuler l'agression de l'autre, comment l'empêcher de nous frapper, on commence à se sentir en sécurité…Rapidement, on se sent plus fort, moins "victime" et il est formidable de se trouver solide et serein devant la confrontation : nous cherchons à apaiser l'esprit par la disparition de craintes inutiles.
Nous sommes trop protégé dans notre monde aseptisé : il est bon de se bousculer un peu, d'accepter la prise de risque et de se dépasser.
L'apprentissage des sport de combat est un choix sportif : cela n'a rien à voir avec le sujet de ce texte.
Tout ceux qui parcourent cette voie pourront vous le dire: savoir gérer une confrontation physique peut vous permettre de mieux interagir avec les autres, de se sentir solide et posé ainsi que ce rapport particulier au corps de celui qui poussé les limites.
Les arts de combat, la voie martiale, est un chemin rapide vers un mieux être…Il faut essayer pour comprendre et je comprends ceux qui ne nous comprennent pas.
lundi 11 juin 2012
La Voie Du Guerrier : un Chemin Royal
Au sein de mon enseignement, les arts de combat ont une place particulière.
À l’origine, la partie physique de la Voie ne possède qu’une petite partie dédiée au combat : en revanche, la façon de travailler est très différente de ce qui se voit dans les arts martiaux traditionnels.
Dans les arts martiaux que l’on peut croiser dans notre monde moderne, il y a :
- le travail des positions de bases,
- l'apprentissage des frappes de base,
- le travail technique seul et à deux,
- le combat souple et libre.
Nous sommes là, bien souvent, dans une recherche d’efficacité en « combat », ce qui signifie plutôt : « en combat souple rituel où on reste à bonne distance pour se toucher ».
Dans ma tradition, les exercices de combat et la recherche sont antérieurs à la mode des formes chorégraphiées de combat, des « kata » et autres.
Nous utilisons pourtant, pour la formation des débutants, ces techniques.
C’est aussi une façon agréable de se détendre par des gestes d’inspiration martiale.
Maintenant il y a le vrai combat, le moment où il faut se défendre et ne pas prendre de risque, respectant le précieux de sa vie et les responsabilités que l’on peut avoir envers sa famille : perdre n’est pas une option.
Dans ces cas-là, extrêmes, mais tellement réalistes dans notre monde en mutation, il faut rester beaucoup plus pratique grâce :
- au travail de la peur et de l’intention,
- au travail des impacts et de la force brute,
- et à tout le reste (techniques, vitesse, déplacements).
Avant tout, dans notre école, nous allons travailler sur la façon de tenir son esprit, son agressivité et de gérer ses peurs face à la douleur.
La première chose dans le combat c’est : « y aller ou pas ».
Tant que mon esprit et mes émotions me paralysent ou me forcent à une analyse profonde au lieu d’agir… rien n’est possible !
Bien entendu, il n’est pas question de se transformer en brute idiote qui frappe sans raison ; au contraire, il est important de mettre en place des valeurs et des limites après lesquelles il est temps d’agir.
Les entrainements de ceux qui ont choisi les « arts de combat » vont beaucoup aller chercher nos peurs, nos fantasmes.
C’est très dur et je suis toujours épaté par la force de caractère des gens que je croise : je me rappelle à quel point ce fut difficile pour moi aussi.
Quand on travaille l’aspect mental, psychologique, il est bon de commencer à travailler la force.
C’est une force d’impact qui nous intéresse, une force pour faire passer trois genres de qualités :
- la lourdeur (qui fait peur à celui qui la reçoit),
- la pénétration (une qualité d’étrangeté),
- la séparation (pour casser, détruire).
La grande difficulté de ce travail, c’est qu’il n’est possible qu’avec un partenaire, pas avec un sac ou un poteau.
Il faut donc passer du temps non seulement à s’entrainer, mais aussi à subir les moments d’entrainements de ses « frères d’école ».
Le professeur ne montrait autrefois les frappes (en les démontrant) qu’aux élèves à qui il acceptait de transmettre.
C’est autre chose que de répéter des mouvements dans le vent.
De plus, dans l'ensemble et pour la plupart d'entre nous, ça ne sert pas à grand chose dans notre monde moderne et paisible.
Le reste du travail, c’est le travail des arts martiaux habituel : formes, exercices, techniques et « lutte ».
En quelque temps, le corps change visiblement et les qualités de combat vont rendre la technique obsolète.
Mais en quoi cet enseignement a sa place aujourd’hui ?
Le dépassement de soi, de ses peurs et la capacité à être conscient de ses actions est la recherche principale de toutes les traditions d’évolution personnelle : les arts de combat c’est exactement ça !
C’est une confrontation à ses peurs les plus fondamentales et un développement de l’attention, avec en plus, une sensation de sécurité dans un corps plus fort.
Le niveau de stress pour un pratiquant de la voie guerrière n’est pas le même que chez les autres gens : il est donc capable de gérer le stress et le conflit avec beaucoup de tact.
Tous ceux qui ont tenté de suivre cette voie difficile en sont satisfaits… C’est toujours un plus de se dépasser et de laisser derrière soi les fantasmes de ses force et de ses faiblesses.
Se connaître, mais par le corps et ses capacités cachées : ne plus avoir peur, savoir se défendre physiquement et psychologiquement.
Ayant été un enfant fragile, maigrelet et faible, je vois aujourd’hui que les exercices énergétiques m’ont donné la santé, mais les arts de combat m’ont donné la force et l’assurance qui me permettent d’enseigner ma tradition aujourd’hui.
Ceux qui ont peur devraient tous passer par les arts de combat, mais ce n’est possible que si on en a envie : il ne faut pas se forcer, il faut accepter qu’il n’est pas toujours temps de faire cette recherche.
Dans le monde d’aujourd’hui, avec ses forces et ses limites, la culture d’une force intérieure est vraiment nécessaire… mais pourquoi ne pas y rajouter la force extérieure ?
Plus fort, sans anxiété dans les rapports avec les autres, il est plus facile de communiquer et d’échanger.
Sachez que tout le monde à sa place dans cette voie guerrière et que personne n’est trop faible, trop léger ou trop vieux.
La seule chose à prendre en compte est la volonté, le plaisir de se confronter aux autres pour se connaître soi-même : sans cette envie, il ne faut pas le faire.
Il ne faut pas non plus confondre le goût des arts de combat ou son absence de goût pour cela avec la peur que l’on peut ressentir : si c’est de la peur qui limite ma recherche, alors il faut foncer.
« Aller vers ce qui fait peur, le reste est ennuyeux » disait Trungpa.
lundi 7 février 2011
Debout et Responsable : Droit entre Ciel et Terre
Il y a vraiment un besoin de prendre conscience de ses responsabilités dans notre vie, de ne pas blâmer les autres et de projeter nos faiblesses loin de notre fragile ego.
Nous vivons dans un confort qui peut parfois nous faire oublier la réalité du monde.
La plupart des gens font un peu de sport, au moins pour leur santé, et certains ont une recherche personnelle, un regard d’interrogation sur leur vie.
La pratique personnelle ne demande pas d'être guerrière, c'est un choix personnel.
La vie en générale, pour nous, est paisible, sans vrais dangers.
Mais aujourd'hui, dans notre monde en ébullition, il est important de parler de la violence : elle est là, au coin de notre rue et le fait de ne pas vouloir en parler ne la fait pas disparaître.
Si nous admettons le besoin de se protéger, si nous sentons une certaine insécurité, nous devons nous éduquer sur le sujet, nous devons comprendre cette violence banale de notre quotidien.
Il n'est pas du goût de tout le monde d'apprendre les arts de combat, mais il est le devoir de celui qui sent l'insécurité de savoir se défendre, pour nous et pour nos proches.
Il n'est pas responsable de prendre conscience de ce malaise, de cette angoisse dévorante, sans rien faire derrière.
L’idée n'est pas du tout de se transformer en guerriers du MMA ou en parano urbain comme il y en a trop, mais d'apprendre les règles simples de la violence urbaine.
Nous avons, pour la plupart, (à moins de handicapes graves) les outils et les moyens de nous défendre, ce qui nous manque c'est l'information qui nous permet de ne pas être paralysé dans une situation de confrontation.
La technique de l'autruche, qui consiste à ne regarder que ce qui ne nous gène pas, ne fonctionne pas contre la violence et les ennuis en général.
Il est indispensable de confronter ce qui peut se résoudre et accepter ce qui ne le peut pas.
La recherche personnelle dans une pratique complète donne les informations nécessaires pour survivre à la violence urbaine.
Si nous n’avons pas de pratique personnelle, il est possible de trouver facilement les informations et les enseignements qui répondent à ce questionnement.
La première démarche est psychologique :
Que sais-je des prédateurs urbains, de la violence et de la résolution des situations conflictuelles ?
En connaissant la démarche des agresseurs potentiels, il m'est possible d'éviter la plupart des conflits et des confrontations aux incivilités.
Les méthodes de désescalade verbale et la préparation de mes réponses aux agressions possibles permettent d'éviter une grande partie des soucis.
Une observation accrue de mon environnement, une meilleure attention à mon monde, permettent de rester attentif à ce qui se passe : 100% des victimes de violences interrogées admettent qu’elles ont senti un malaise avant l’incident.
Pour réagir efficacement, il faut avoir pensé à ce qui peut se passer, réfléchir à la stratégie possible dans plusieurs scénarios d’agression ou même en discuter avec des victimes.
Aucune réaction n’est plus rapide qu’une préparation et ce n’est pas au cœur de la situation conflictuelle qu’il est possible de réfléchir.
La deuxième question est physique :
A quel point puis-je me servir de mon corps dans une situation de stress ?
La compréhension des sensations des décharges d'adrénaline, la préparation globale de mon corps à un bon fonctionnement suffisent à bien vivre et à me défendre au cas ou.
Un entrainement régulier de mon corps (dans le cadre d’une pratique de santé) peut occasionnellement prendre une tournure plus combative, pour l'expérience, (chahuter un peu avec des partenaires de pratique, pousser - tirer un peu plus compétitif...)
La troisième question est émotionnelle :
Est-ce que je connais mon niveau d'anxiété et est-ce que je travaille sur ma peur en général ?
Nous vivons bien trop souvent dans une anxiété acceptée comme normale, au quotidien, sans vraie raison.
Notre esprit fonctionne sur un modèle de projection d'échec : nous ne demandons pas d'augmentation à notre patron par peur d'une réponse négative (sinon on le ferait), nous ne parlons pas à la personne qui nous séduit par peur du rejet (alors que ça peut marcher) et nous évitons ce qui est risqué par peur de l'échec (en pensant rarement au succès).
Ainsi, notre vision de la violence est une projection d'échec possible pour nous, une succession de supputations morbides qui ne laisse pas la place à de bons choix.
Regardez comme vous ne vous donnez pas la permission de vous défendre alors que vous défendriez sans y réfléchir votre mère, père, amant ou enfant : vous ne voyez pour vous que le danger et la défaite.
Il est temps d'accepter de se défendre, de ne plus accepter la peur : vous avez la possibilité de ne plus jamais vous sentir une victime.
Cela demande une éducation, une prise de responsabilité devant ce qui peut vous arriver.
En renforçant votre esprit, dans un corps que vous maitrisez mieux, vos émotions sont plus stables : que vous soyez confronté à la violence ou pas, vous vivez mieux votre quotidien, mais aussi dans le rapport avec l'autre.
Encore une fois, cette démarche est la notre : personne ne fera le travail pour nous.
Mais en ayant la grande chance d’identifier un problème avant qu’il ne soit trop tard, pourquoi ne pas essayer de résoudre ce questionnement, pourquoi ne pas faire en sorte de vivre sans avoir peur ?
Malgré tout, il est possible de prendre conscience du travail à faire pour être bien, de savoir que l’on subit une angoisse de la violence banale, mais de ne rien faire par paresse, faiblesse ou résignation.
Dans ce cas là, aucun jugement n'est nécessaire, en revanche il n'est pas de bon gout de chouiner quand les choses vont mal...
Il y a vraiment un besoin de prendre conscience de ses responsabilités dans notre vie, de ne pas blâmer les autres et de projeter nos faiblesses loin de notre fragile ego.
Nous vivons dans un confort qui peut parfois nous faire oublier la réalité du monde.
La plupart des gens font un peu de sport, au moins pour leur santé, et certains ont une recherche personnelle, un regard d’interrogation sur leur vie.
La pratique personnelle ne demande pas d'être guerrière, c'est un choix personnel.
La vie en générale, pour nous, est paisible, sans vrais dangers.
Mais aujourd'hui, dans notre monde en ébullition, il est important de parler de la violence : elle est là, au coin de notre rue et le fait de ne pas vouloir en parler ne la fait pas disparaître.
Si nous admettons le besoin de se protéger, si nous sentons une certaine insécurité, nous devons nous éduquer sur le sujet, nous devons comprendre cette violence banale de notre quotidien.
Il n'est pas du goût de tout le monde d'apprendre les arts de combat, mais il est le devoir de celui qui sent l'insécurité de savoir se défendre, pour nous et pour nos proches.
Il n'est pas responsable de prendre conscience de ce malaise, de cette angoisse dévorante, sans rien faire derrière.
L’idée n'est pas du tout de se transformer en guerriers du MMA ou en parano urbain comme il y en a trop, mais d'apprendre les règles simples de la violence urbaine.
Nous avons, pour la plupart, (à moins de handicapes graves) les outils et les moyens de nous défendre, ce qui nous manque c'est l'information qui nous permet de ne pas être paralysé dans une situation de confrontation.
La technique de l'autruche, qui consiste à ne regarder que ce qui ne nous gène pas, ne fonctionne pas contre la violence et les ennuis en général.
Il est indispensable de confronter ce qui peut se résoudre et accepter ce qui ne le peut pas.
La recherche personnelle dans une pratique complète donne les informations nécessaires pour survivre à la violence urbaine.
Si nous n’avons pas de pratique personnelle, il est possible de trouver facilement les informations et les enseignements qui répondent à ce questionnement.
La première démarche est psychologique :
Que sais-je des prédateurs urbains, de la violence et de la résolution des situations conflictuelles ?
En connaissant la démarche des agresseurs potentiels, il m'est possible d'éviter la plupart des conflits et des confrontations aux incivilités.
Les méthodes de désescalade verbale et la préparation de mes réponses aux agressions possibles permettent d'éviter une grande partie des soucis.
Une observation accrue de mon environnement, une meilleure attention à mon monde, permettent de rester attentif à ce qui se passe : 100% des victimes de violences interrogées admettent qu’elles ont senti un malaise avant l’incident.
Pour réagir efficacement, il faut avoir pensé à ce qui peut se passer, réfléchir à la stratégie possible dans plusieurs scénarios d’agression ou même en discuter avec des victimes.
Aucune réaction n’est plus rapide qu’une préparation et ce n’est pas au cœur de la situation conflictuelle qu’il est possible de réfléchir.
La deuxième question est physique :
A quel point puis-je me servir de mon corps dans une situation de stress ?
La compréhension des sensations des décharges d'adrénaline, la préparation globale de mon corps à un bon fonctionnement suffisent à bien vivre et à me défendre au cas ou.
Un entrainement régulier de mon corps (dans le cadre d’une pratique de santé) peut occasionnellement prendre une tournure plus combative, pour l'expérience, (chahuter un peu avec des partenaires de pratique, pousser - tirer un peu plus compétitif...)
La troisième question est émotionnelle :
Est-ce que je connais mon niveau d'anxiété et est-ce que je travaille sur ma peur en général ?
Nous vivons bien trop souvent dans une anxiété acceptée comme normale, au quotidien, sans vraie raison.
Notre esprit fonctionne sur un modèle de projection d'échec : nous ne demandons pas d'augmentation à notre patron par peur d'une réponse négative (sinon on le ferait), nous ne parlons pas à la personne qui nous séduit par peur du rejet (alors que ça peut marcher) et nous évitons ce qui est risqué par peur de l'échec (en pensant rarement au succès).
Ainsi, notre vision de la violence est une projection d'échec possible pour nous, une succession de supputations morbides qui ne laisse pas la place à de bons choix.
Regardez comme vous ne vous donnez pas la permission de vous défendre alors que vous défendriez sans y réfléchir votre mère, père, amant ou enfant : vous ne voyez pour vous que le danger et la défaite.
Il est temps d'accepter de se défendre, de ne plus accepter la peur : vous avez la possibilité de ne plus jamais vous sentir une victime.
Cela demande une éducation, une prise de responsabilité devant ce qui peut vous arriver.
En renforçant votre esprit, dans un corps que vous maitrisez mieux, vos émotions sont plus stables : que vous soyez confronté à la violence ou pas, vous vivez mieux votre quotidien, mais aussi dans le rapport avec l'autre.
Encore une fois, cette démarche est la notre : personne ne fera le travail pour nous.
Mais en ayant la grande chance d’identifier un problème avant qu’il ne soit trop tard, pourquoi ne pas essayer de résoudre ce questionnement, pourquoi ne pas faire en sorte de vivre sans avoir peur ?
Malgré tout, il est possible de prendre conscience du travail à faire pour être bien, de savoir que l’on subit une angoisse de la violence banale, mais de ne rien faire par paresse, faiblesse ou résignation.
Dans ce cas là, aucun jugement n'est nécessaire, en revanche il n'est pas de bon gout de chouiner quand les choses vont mal...
mardi 11 janvier 2011
Stage de Self Défense le 5 Février
Si les arts de combat donnent les outils pour se défendre, ils ne sont pas pour autant la méthode.
La méthode de self défense est une technique au deux tiers psychologique, pas physique.
Il y a trois parties à connaître pour ne pas devenir une victime :
- Détection des dangers potentiels,
- Diffusion des situations de confrontation,
- Techniques de défense pour la confrontation.
Il est donc clair que le combat n’est qu’une partie de l’art de la défense personnelle, mais une partie essentielle.
Si je ne crois pas à ma capacité à survivre une situation de conflit physique, je ne pourrai pas diffuser une situation potentielle. La peur qui va me submerger au moment de la discussion avec mon agresseur va m'empêcher de penser et de me comporter correctement.
La connaissance de mes qualités physiques, l’expérience de l'entraînement, vont me permettre de diffuser l’agression. Plus je suis à l’aise avec mes techniques de défense, plus je peux discuter détendu, plus j’ai de chance d'empêcher la réalisation de l’agression.
Les techniques des arts de combat, des arts martiaux et des sports de combat sont utiles, mais pas toujours accessibles dans une situation de stress. Il faut une transition entre une situation verbale et le combat physique : ce passage c’est la science de la self défense.
Les techniques de détection des dangers seront le sujet d’une étude approfondie ultérieure. Pour le moment, il est assez facile de savoir quand on se trouve dans une zone de danger potentiel ou dans une zone de sécurité. Il suffit de faire appel à son bon sens. Pour ceux qui n’auraient pas cela à disposition, nous en parlerons plus tard.
La situation de confrontation.
Les confrontations peuvent dépendre de trois genres de motivations :
- financière,
- sexuelle,
- ludique.
Pour faire simple, vous ferez l’objet d’une violence potentielle pour votre argent, votre corps ou pour servir de “défouloir” à un individu (ou un groupe) qui se veut prédateur.
Il est évident que si ce n’est que l’argent qui motive votre agresseur, cela ne vaut que très rarement la peine de se battre ; il suffit de lui donner.
La première chose à prendre en compte, c’est que si vous êtes choisi par votre agresseur, c’est qu’il croit qu’il va gagner. Il ne chercherait pas un conflit avec l’intention de perdre. Aucun protagoniste ne s’engage dans une confrontation, dans une agression avec la certitude de perdre. Ce préjugé dans un succès facile est très important.
C’est avec ce premier contact que vous passez à un moment important de la confrontation : l’interview.
Dans ce dialogue, l’agresseur va faire passer ses menaces et ses demandes.
Il faut savoir plusieurs choses à ce stade :
- 60% de la communication entre deux personnes passe par le langage du corps, la position et les mouvements. 30% dans le ton de la voix et son débit. Le reste de la communication est composée des mots et de leurs sens. Autant vous dire que le travail de la position est vital dans ce genre de situation
- Dans cette communication il ne faut ni défier, ni commander, ni menacer ou impliquer que votre agresseur à tort. Il faut rester dans un registre précis qui ne peut pas envenimer la situation.
- Il faut dans cette phase de dialogue, revoir les bases de la détection, nous verrons cela plus tard.
L’agresseur n’est là, et encore une fois, il ne vous a choisi que parce qu’il croit qu’il va parvenir à ses fins. Si dans votre attitude, dans votre discours, vous pouvez lui montrer que vous n'êtes pas une victime, il y a de fortes chances pour que le processus s'arrête là.
Si l’interview ne se solde pas par un arrêt du conflit, il faut passer à la suite. La confrontation physique dans une situation de self défense demande que vous preniez conscience de plusieurs points pendant la phase finale de l’interview.
Quand vous voyez bien que cela ne peut se résoudre sans violence, il faut :
- Accepter la situation, ne pas se voiler la face.
- Mettre son attention sur des sensations physiques.
- Faire le point sur son agresseur.
Il est très dangereux de refuser de voir la situation en face, de se dire que tout va disparaître. Il faut accepter ce moment et aller dans le sens. L’emprisonnement dans le ressassement mental est évidemment dangereux ici. L’attention doit se porter sur certaines parties du corps, sur des sensations kinesthésiques. C’est le moment de décrocher de ce que peut dire votre agresseur et de le regarder comme une cible, un sac de frappe.
Les techniques de self défense ne peuvent se discuter, c’est une expérience du corps.
Les qualités développées dans les arts de combat, dans les arts martiaux et dans le sport de combat vont être utiles. Elles ne sont pas nécessaires et parfois encombrantes.
Il est clair que nous vivons dans un monde où nous pouvons fort bien ne jamais nous retrouver dans ces situations violentes. Cependant, les histoires que nous avons tous entendues un jour nous apprennent aussi que personne n’est à l’abri... Savoir que l’on peut se défendre ne doit pas être pour autant une excuse pour ne pas éviter les conflits.
Le 5 février, à partir de 14h30, nous allons explorer cet aspect de la Pratique.
vendredi 29 octobre 2010
jeudi 21 octobre 2010
lundi 2 novembre 2009
"Contractilité" Musculaire
Le muscle, comme notre esprit, ne peut pas faire deux choses à la fois. Soit il est au repos, prêt à l’emploi, soit il est en fonction, et par conséquent inutilisable. Il est possible parfois de le trouver dans un état médian, ce qui est pathologique ou transitoire (courbatures ou blessures). Pour obtenir une réaction rapide, sans parasites face à un stimulus, il faudrait que notre muscle soit toujours dans un état d’alerte mais détendu… hummm, les paradoxes commencent.
Dans une telle situation, nous nous retrouvons souvent englués dans des joutes verbales sans importance et nous ne parvenons plus à trouver les mots. Plus tard, nous nous en voulons de n’avoir pas dit ceci ou cela. Pendant l'altercation, notre esprit était alors tendu à cause d'une projection dans le futur ou dans ses mémoires du passé, donc trop occupé pour accéder au présent ; nous étions paralysé en somme.
Voilà dans quel état se retrouve notre corps beaucoup trop souvent !
Ce que nous recherchons par le biais de la pratique, c'est un corps qui consomme le moins possible d’énergie, pour ne pas l’user bêtement, mais qui répond instantanément quand il est utile de le faire. Nous sommes aidés dans la vie par des " drogues " naturelles fabriquées par le corps, elles nous permettent de nous dépasser. Mais notre esprit est tellement tourmenté par nos pensées compulsives et nous sommes tellement ignorants des mécanismes de défense, que cela nous paralyse au lieu de nous aider. La décharge d’adrénaline qui va parcourir notre corps en cas d'urgence va souvent être interpréter comme une sensation de faiblesse. En réalité c’est une sensation de légèreté qui ne demande qu'à être suivie par l’action, la " contractibilité "parfaite de nos muscles prêts à tout.
Notre corps doit être détendu pour répondre correctement à ces signaux, sinon cela demande des efforts terribles de lutte entre une volonté de rester paralysé et cet "involontaire" (principe de vie de chaque cellule) naturel qui ne demande qu’à agir. Pour obtenir cette détente, il est nécessaire d’avoir une pratique quotidienne qui permette de garder notre structure dans son état naturel de repos. Le " repos " n’a rien à voir avec une mollesse prônée par les adeptes hystériques d’une non violence illusoire. C’est un état transitoire entre deux actions de la vie, simples ou complexes. Le corps est tonique mais pas dur, l’esprit relâché mais pas endormi.
Notre esprit est un facteur essentiel pour la détente du corps. Dans une action spontanée, il n’y a pas de dépense d’énergie inutile. Dans une action gavée de pensées contradictoires et confuses, le corps est tendu et contrarié dans un conditionnement de " mal faire ". Le travail de la détente du corps passe par la relaxation de notre "boite à pensées". Pour qu’un exercice soit utile, il ne faut pas qu’il soit intellectualisé au début, dans la phase d’apprentissage : C’est là qu’il est utile de juste suivre les conseils de son professeur sans poser trop de questions. Quand l’ensemble corps/esprit est détendu dans la réalisation du geste, convenable ou pas, alors il est temps de discuter. Trop souvent les jeunes pratiquants cherchent à discuter sur le fond et la forme de ce qu’ils vont faire avant même d’avoir esquissé le moindre geste. Le professeur qui rentre avec eux dans un débat d’idées est un mauvais enseignant : Il flatte son ego dans une discussion houleuse à travers laquelle il va étaler son savoir et gâcher toute chance de découverte du " jeune scarabée ". Le professeur qui souhaite faire évoluer profondément son élève ne lui dit rien si ce n’est " au boulot et tais toi ! ".
L’intention est nécessaire pour initialiser les gestes, mais elle va devenir très vite un problème. Dans l’intention, nous mettons toute l’attente et l’espoir dans un geste qui voudrait rester dans le domaine de l’action pure. Sur une frappe, la volonté de puissance et les fantasmes du résultat vont compromettre le succès de celle-ci. L’intention est un starter, comme avec une voiture des années 80, mais rouler à fond avec le starter est l'assurance d’un résultat bien triste.
L’intention est utile dans la phase d’apprentissage, mais reste un handicape dans la phase de pratique ; quant à l’utilisation dans les arts de combat, c’est une catastrophe !
La réalisation sera un miroir de l’entraînement et c’est dans cette préparation que le " Yi " (intention) sera utile. Dans l’usage c’est un poids qui encombre.
Les exercices qui auront suivis les phases d’apprentissage et de pratique seront prêts pour l’utilisation. Il sera inutile de rajouter une intention, une attente ou une prière, ce sera trop tard !
Dans la médecine chinoise c’est le foie qui est responsable de la bonne circulation de toutes les manifestations de l’énergie dans le corps (sang, énergies nourricière et défensive, liquides organiques). Toute tension de l’esprit ou du corps le blesse et il rechigne ensuite à faire son travail correctement. Même d’un point de vue cellulaire, le stress tend et raidit les cellules qui seront moins performantes pour une action donnée. Trop d’intentions ont rendu nombre de pratiquants d’arts martiaux coléreux et malades, tristes et un peu fous… trop de tension !
Pour leur naturel spontané aux gestes d’un être humain détendu et en bonne santé, il nous faut nous détendre. Les exercices sans but évident, le travail quotidien sur l’intimité avec notre corps et le travail de reconnaissance de notre esprit ; voilà de quoi faire !
mardi 20 octobre 2009
Enracinement et Pratiques Sérieuses
Dans les arts internes chinois, on parle beaucoup plus du changement du corps et de l’esprit, ou plus exactement du changement du corps "avec" l’esprit (ou inversement), que des formes, des routines, des katas…
La différence avec l’externe, en laissant de côté le rapport à la contraction musculaire, est cette possibilité de changer une action isolée (du bras, par exemple) en une action globale du corps.
Cette dernière, contrairement à la force venant de l'externe, amène une vraie puissance dans l’action, la non fatigue de la partie du corps qui fait l’action et la possibilité de multiplier cette action.
La force du mouvement va faire toute la différence, car il sera alors impossible pour un adversaire de " parer " ou de " prendre " le coup tant il est destructeur.
La recherche de ce " corps total " est souvent au centre de chaque style interne chinois classique, j'entends par là chaque " style sérieux ".
Sans cette recherche de globalité et d’unité, on ne fait usage que de la force isolée qui nous ramène inévitablement à l’externe. Travailler l'externe est chouette aussi, à partir du moment où l'on sait ce qu'on fait, c’est encore une histoire de choix…
Celui qui s’entraîne aux arts internes avec une vision externe, ou inversement, va perdre du temps à faire n’importe quoi, et ne va aller nulle part.
Toute la base du vrai travail interne vient de la détente et de l’enracinement.
L’ enracinement amène la possibilité de rester centré malgré les "changements".
L'enracinement interne est donc cette aptitude à "changer" avec les "changements" du monde et dans une situation donnée. Cette écoute du monde, pour s'adapter, doit se faire dans une certaine densité, une certaine solidité, souples et vivantes.
Ce rapport au sol, pour faire sortir la force et "changer" est une nécessité, si on veut transformer sa perception des événements et ses gestes.
Les exercices sont une façon de "goûter" les fameux changements, pour parvenir à une liberté "adaptable" du corps tout "entier".
C'est pas simple, mais c'est cela l'interne.
Quelles que soient les facettes de l’entraînement interne, il faut avoir un rapport au sol qui permet d’unifier la force du corps. Ce travail peut se faire comme dans le Yi chuan, en restant debout, mais il existe bon nombre d’autres méthodes.
Je veux dire en matière de pratiques des arts internes chinois, pas de football américain ou de sumo.
Avez-vous aujourd'hui des pratiques qui vous ont apporté un enracinement ?
Transmettre la force de l'enracinement par le corps demande "d'apprendre à céder"...
Il suffit de pratiquer avec une intention et une force "légère et douce", qui "laisse l'énergie couler".
Mais c'est tellement complexe de ne pas mettre de force avec nos phantasmes guerriers...
Facile, mais difficile.
Pour ma part, une série de postures statiques, des exercices à deux et des exercices pour sortir le " jing ", la force, m’aident à m’enraciner.
Tous mes entraînements contiennent des gestes très lents et des moments de formes statiques.
Si elle demande un bon enracinement, une pratique interne sérieuse ne demandera en revanche pas d'obtenir un gabarit particulier.
Je ne pense pas qu'il faille devenir fort, faible ou maigre pour faire de l'interne.
Cependant, je ne peux pas dire non plus que la détente entraîne la perte de la masse musculaire. Que l'on soit musclé ou pas, la taille des épaules reste inchangée par exemple.
Si on conserve une pratique de "contact" régulière et sans retenue, les muscles restent les muscles, simplement on s'en sert d'une façon différente.
Dans ma lignée, dans mon style, il y a eu des costauds et des maigres, mais au fond, ils sont tous restés comme ils étaient à l'origine, épaules ou pas.
Wan Shujin avait des épaules rondes et "hypertrophiées", mon autre avatar, le vieux tout sec, Wan Laisheng, avait aussi les épaules rondes et proéminentes, même tout sec.
Beaucoup de gens qui font de l’interne se coupent de la réalité des combats (contacts) "violents", où les muscles travaillent dans le sens d'un " corps uni ". C'est leur meilleur prétexte pour justifier la faiblesse de leur corps.
Sans aller aussi loin que le combat, il suffit de manier les armes de façon " unie ", il en résulte alors une musculature particulière qui se note, tout en restant détendu par ailleurs.
Il existe une autre branche d’amis des arts de combat du Zhejian, près de Shanghai, qui font de la boxe du poing de coton. Ils ont des corps de gymnastes, secs et dessinés, mais ne s’entraînent pourtant que de façon interne et souple : c’est une branche 100% interne.
Je ne crois donc pas que les modifications corporelles se voient aussi bien quand on reste dans son système.
En revanche, si on change de système et que l'on passe du karaté, shaolin dur, lutte gréco-romaine aux styles internes chinois, là il va y avoir un changement évident !
Le corps récupère des erreurs passées et retourne vers " sa " normalité, vers une force détendue et souple.
Les arts de percussion amènent un épaississement et une tonicité particuliers des muscles, une sorte d’élasticité, de peau " latex ". Les arts de luttes rendent rond et lourd, enraciné.
Les arts internes sont souvent liés à la percussion, tout en restant à une distance courte de " sécurité ". Si les exercices et le combat sont combinés régulièrement, les muscles peuvent rester apparents, mais deviennent très rarement " hypertrophiés ".

